Pour bien des grimpeurs du Québec, le voyage est une extension naturelle de la passion pour l’escalade. Quand les jours raccourcissent et que le froid s’installe, on rêve d’une falaise ensoleillée, de blocs au milieu du désert ou d’une paroi calcaire dominant la mer. Mais combiner escalade et voyage, c’est un art.
Depuis une vingtaine d’années, les grimpeurs québécois voyagent de plus en plus pour grimper. Grâce aux billets d’avion plus abordables et à l’accès à une très grande source d’informations, aussi connue sous le nom d’Internet, on peut (tenter de) planifier des voyages dans tous les endroits les plus spectaculaires pour grimper.
L’intérêt de grimper ailleurs est évident : découvrir de nouveaux styles, de la nouvelle roche, des problèmes inusités, développer de nouvelles qualités en grimpe. Et l’intérêt de ne pas faire seulement de la grimpe pendant tout un voyage, c’est aussi de découvrir les gens, la culture, des endroits sympathiques où il n’y a pas que de la roche.
Que votre but soit de grimper et de voyager, avec quelqu’un qui grimpe ou pas, avec la famille ou non, voici quelques suggestions pour bien mélanger voyage de plaisir et voyage d’affaires (de grimpe) :
– Choisir une destination qui s’y prête : Hueco, au Texas, est un site de grimper super, avec une quantité folle de problèmes à grimper. Mais la bonne saison, c’est en hiver. Donc tenter de planifier quelque chose d’intéressant, au milieu du désert, alors qu’il fait froid, c’est… tout un défi. Et si vous êtes contents de tâter du caillou, il se peut que votre partenaire ne veuille pas renouveler l’aventure. Alors que Fontainebleau, qui se trouve à une heure de Paris, a des bonnes conditions en hiver et au printemps, et là, planifier des activités quand vous ne grimperez pas, c’est beaucoup plus facile. Un peu de recherche sur Internet vous permettra de penser à plusieurs options, selon vos budgets et préférences.
– Nul besoin d’aller à l’autre bout de la planète pour voyager et grimper : un long weekend dans le Kamouraska permet de tirer sur du rocher et profiter du paysage, conduire quelques heures, vous serez sur du calcaire ontarien non loin de Niagara Falls. Il suffit de trouver une destination qui peut convenir à tous!
– Autre bon moyen pour à la fois tâter du rocher et profiter d’un voyage : faire des demi-journées de grimpe. Se réchauffer, grimper quelques problèmes, et hop, on se change et on peut faire autre chose. Parfait pour des destinations à la grimpe accessible et le fait de condenser votre temps de grimpe vous forcera à donner votre 110 %;
– Un autre truc qui peut être sympathique : allez visiter des gyms dans votre destination. Si vous êtes par exemple au Japon ou en Angleterre, se retrouver dehors, avec le matériel nécessaire et des conditions météo correctes peut s’avérer tout un défi. Aller grimper en salle, voir les problèmes «locaux», tirer sur du plastique, ça se fait très bien! C’est également super intéressant de voir les différences et de parler avec des grimpeurs d’une autre culture. Gamba!
– Petit conseil, si vous vous déplacez à l’étranger : assurez-vous d’avoir une assurance qui vous couvrira en cas de besoin. Bien sûr, vous avez cet ami qui a passé un mois à faire de l’escalade aux États-Unis et il n’a pas eu de problème. Mais se retrouvez à l’urgence avec une blessure qui pourrait vous soulager de quelques centaines de dollars ou plus, ça n’est pas une histoire de voyage si agréable à raconter.
Au chapitre logistique, selon votre destination et moyen de transport, il y a moyen de voyager léger
côté matériel de grimpe. Si vous ne souhaitez que faire un peu d’exploration dans un site pour une journée, c’est peut-être plus avantageux de louer des matelas sur place que de les emmener avec vous.
Pour les livre-guides, passez par Bloc Shop, ou sur la boutique en ligne, bien entendu. Quoi de mieux qu’un bouquin dans les mains pour commencer à se faire une liste de projets! Et avoir de bonnes informations sur les approches, par exemple, vous permettra de mieux vous préparer! Bon voyage!

