Vous avez de la route à faire mais Spotify ne vous suggère que des chansons que vous connaissez déjà? Vous êtes assoiffé.e d’entendre parler d’escalade, d’histoires épiques, d’entraînement? Vous voulez être plus motivé.e encore pour tout arracher? Voici une suggestion de quelques balados qui vont vous rassasier les oreilles. Par contre, la maîtrise de la langue de Shakespeare est très fortement suggérée.

Climbing Gold

Le grimpeur sans peur Alex Honnold, bien connu pour ses solos saisissants – notamment celui de Freerider, sur El Capitan, dans la vallée de Yosemite – s’avère aussi être un bon animateur de balados dans Climbing Gold. Avec sa petite équipe de production, il livre des épisodes parfois sur l’histoire du sport, parfois sur des enjeux précis ou des discussions à bâton rompu avec des grimpeurs qu’il connaît bien. C’est rare qu’on s’ennuie à l’écouter. Le balado a plusieurs saisons derrière sa ceinture, et ça vaut largement la peine de retourner en arrière écouter les touts premiers épisodes.

Épisode suggéré : Spotting the gray rhino

Power Company

Bon, je l’avoue, j’aime Kris Hampton. Voilà, c’est dit. Tout le contenu qu’il produit me semble toujours pertinent, livré avec humour, c’est de la production de bonne qualité, bref, ça tombe très bien dans l’oreille. En plus, on varie les formats régulièrement, ce qui veut dire que parfois, vous avez des épisodes très courts qui s’écoutent dans le métro, et d’autres plus longs, adaptés à votre voyage vers Rumney. Ça parle d’entraînement, d’histoire de l’escalade, de la grimpe sur la roche et celle sur le plastique. De quoi combler beaucoup de «geeks» d’escalade.

Épisode suggéré : Remix – Effort

The average climber podcast

Non, tous les balados ne parlent pas que des grimpeurs ou des performances en V16 ou 5.15. The average climber podcast est celui qui est le plus inclusif, à mon sens. Grimpeuses et grimpeurs de tous les niveaux trouveront de quoi les satisfaire dans le contenu. Lauren Abernathy et sa complice Caitlin Holmes parlent d’entraînement mais aussi de nutrition. Les formules Q & R sont intéressantes, et plusieurs épisodes s’attardent à expliquer les bases, ce qui est relativement rare dans l’univers du balado de la grimpe.

Épisode suggéré : What to do when you aren’t improving

La voix des grimpeurs

Les balados qui traitent d’escalade en français sont rares et il n’y en a qu’un seul au Québec à l’heure actuelle. La voix des grimpeurs est le travail de François Samson, un grimpeur de Québec, et il parle avec des athlètes de la province à propos de différents aspects du sport, tant du bloc que de l’escalade de voie. La qualité de la production s’est améliorée avec le temps, et c’est devenu un plaisir pour les oreilles. D’autant qu’on connaît plusieurs voix dans ces épisodes!

Épisode suggéré : Entretien avec François Parisien

Allez

Un balado qui vient des cousins français. Je l’ai peu écouté, pour être franc, mais comme les balados dans la langue de Molière sont rares, mentionnons-les! Ici aussi, on a un spectre large de sujets : on parle de voies trad, d’escalade sportive, de bloc, de l’aspect mental, de gens qui créent les prises. Bref, de quoi trouver matière à vous occuper l’oreille!

Épisode suggéré (soyons chauvin) : Une entrevue avec Émilie Pellerin

Autres mentions :

Ils en valent la peine aussi, mais ce sont souvent de plus longs formats. Si vous êtes adepte de balado et que vous n’avez pas écouté encore, il y a des épisodes très intéressants, mais c’est parfois inégal. On peut suggérer l’écoute accélérée par moments: The struggle podcast et The nugget climbing.

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Conseils Essentiels pour l’Escalade en été

Il fait chaud, collant, humide, il y a des mouches et des festivals de musique : des conditions parfaites pour la grimpe? #non
Mais vous êtes probablement comme moi, et cherchez à avoir votre dose d’escalade malgré tout. Ah, il faut avoir quelques trucs en tête pour que les séances soient un peu plus agréables, tant sur le plastique que sur la roche…

Pour les gyms

La plupart des salles sont maintenant climatisées, ce qui fait qu’une température tropicale à l’extérieur ne se fera pas sentir aussi violemment entre quatre murs. Ce qui n’empêche pas que le chaud se fera sentir : les plats seront définitivement plus difficiles à tenir que s’il faisait 4 degrés. Si vous voulez vous entraîner pour le retour des températures plus clémentes, allez-y, sinon, dosez la quantité de «slopes» que vous tâterez. Votre peau pourrait aussi s’en ressentir : un peu plus de sueur au bout des doigts va faire en sorte que vous risquez d’avoir la peau à vif plus rapidement. Encore là, dosez les micro-réglettes que vous serrez.

Qui dit chaleur dit aussi déshydratation : avec tout ce que vous faites à l’extérieur, vous suez probablement un peu plus (ou beaucoup plus, c’est selon), et vous perdez de ce fait un peu plus de minéraux. Un truc qui semble fonctionner : prendre des électrolytes avant ET pendant une session. Les minéraux aident la contraction des muscles, et un déséquilibre pourrait contribuer à une (petite?) sous-performance. Est-ce que c’est le facteur qui vous empêche d’enchaîner votre projet en V15? Peut-être bien…

Pour la roche

Ah, vous comptez parmi les vaillant.e.s qui veulent se mesurer aux lames rocheuses des blocs à Val-David, en dépit du thermomètre qui vrille vers le haut? D’accord. Visez des séances tôt en journée ou à la tombée du jour, le mercure vous aidera un peu. Choisissez des sites où il y a de l’ombre, et, au besoin, faites des séances plus courtes. Si vous faites de la voie, pensez à des endroits comme Kamouraska, par exemple, où l’air frais du fleuve vous donnera un peu de répit. Autre bon truc : divisez vos séances. Plutôt que de faire une sortie épique de 6 heures qui vous laissera déshydraté.e et amorphe, faites une petite séance le matin, allez vous faire griller quelques heures et revenez ensuite vous mesurer de nouveau au rocher.
Dans le cas du bloc, de petits ventilateurs portables vous permettront d’avoir de meilleures conditions – mais s’il fait 35 degrés, attendez-vous à ce que ce soit marginal, quand même…
Le même conseil sur l’hydratation s’applique.

Pour l’entraînement

Vous visez à performer à l’automne? L’été est la saison parfaite pour vous entraîner, soulever des poids et travailler la technique en attendant les jours frais (ou froids). Si c’est votre premier été à vous entraîner en prévision de l’automne, une bonne façon de vous y prendre est de calculer de façon approximative le moment où vous souhaitez être au sommet de votre forme pour savoir combien de temps d’entraînement vous avez. Planifiez vos séances des semaines à venir, et assurez-vous de réduire le volume à l’approche de l’automne – mais maintenez l’intensité des séances.

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Guide complet sur les soins de la peau des doigts

Que faut-il pour grimper? Des muscles titanesques, des abdominaux rutilants, des épaules démesurées, ou des doigts de titane? Avant tout, il vous faudra cet organe vital, mais ô combien fragile : la peau, celle-là même qui couvre les extrémités de vos mains. Comment l’entretenir, développer une «bonne» peau? Voici les réponses à toutes vos questions.

VOUS VOULEZ LA BASE

Si vous grimpez de temps à autre, vous remarquerez que certaines de vos séances dans un gym d’escalade se terminent avec le bout de vos doigts qui rougeoient et que vous pouvez difficilement imaginer toucher une autre prise. C’est normal : quand vous ne grimpez pas régulièrement, votre corps (lire le bout de vos doigts) peut difficilement s’acclimater au plastique dans les centres d’escalade ou à la roche des blocs ou parois extérieures. La base des soins de la peau des doigts, c’est de mettre une crème après avoir grimpé. Assurez-vous d’avoir les mains propres et avec le temps, vous devriez développer une peau plus épaisse qui vous permettra de faire de plus longues séances ou des séances plus fréquentes. Truc de pro : évitez de faire à plusieurs reprises le même mouvement sur des plats ou des arqués agressifs. Vous allez ainsi gruger moins de peau…

VOUS VOULEZ FAIRE ATTENTION À LA PEAU DE VOS DOIGTS (MAIS N’ÊTES PAS (ENCORE) MANIAQUES)

Ça fait peut-être un moment que vous grimpez et l’état de votre peau est parfois ou souvent un facteur limitant? Voici quelques conseils.

Une gamme de produits vous permettront de maintenir vos mains en bon état. Personne n’étant pareil, il vous faut faire quelques tests. Personnellement, j’aime tous les produits Rhino-Skin, qui ne laissent pas (ou très peu) de film gras sur les doigts. L’idéal, c’est de l’appliquer avant de se coucher – pour ne pas ruiner le reste de sa journée avec des mains «crémées». De toutes façons, appliquer de la crème de la fin de votre séance ne se traduira pas par des gains exceptionnels!

Malheureusement, on ne peut pas tout avoir : de la «bonne» peau pour l’escalade à l’extérieur sera un désavantage pour les prises en plastique du gym pour l’escalade intérieure, et vice versa. Pour grimper sur la roche, vous devrez développer une peau plus épaisse, pleine de callosité, qui vous aidera à écraser vos doigts sur les prises parfois coupantes. Cette même corne s’avère peu adhérente sur le polyuréthane des prises et modules de votre centre d’escalade favori.

Sachez aussi que lorsque vous aurez cette corne tant recherchée, pour mordre sur les petites prises, il vous faut l’entretenir. Il faut limer, couper et sabler les craquelures pour éviter que la corne ne fende.

Truc de pro : n’attendez pas que la peau soit sensible avant d’appliquer de la crème. En mettre régulièrement vous permettra d’avoir des bouts de doigts solides en un rien de temps.

VOUS PRENEZ DES NOTES PRÉCISES SUR L’ÉTAT DE LA PEAU DE VOS DOIGTS

À ce stade-ci, vous connaissez bien les trucs avancés pour prendre soin de la peau de vos doigts. Voici donc quelques suggestions de nouveaux trucs susceptibles de vous donner la peau idéale, selon vos
besoins.

Certain.e.s grimpeurs.euses mettent des crèmes un peu avant d’aller grimper, pour tenter d’atteindre l’équilibre délicat entre une peau plus épaisse mais aussi assez souple.

Il y a aussi des catégories de grimpeurs à «besoins spéciaux» : ceux qui ont de la peau qui devient moite rapidement et ceux, à l’inverse, qui ont la peau très (trop) sèche. Pour la peau moite, il y a deux produits qui peuvent aider. La première, c’est d’appliquer une couche de base de craie liquide. Il y a plusieurs marques qui fonctionnent très bien. L’alcool devrait aider à enlever un peu d’humidité. Autre
truc : utiliser un produit nommé «Antihydral», qui permet d’assécher et d’épaissir la peau. Il faut y aller avec parcimonie, parce que c’est une méthode assez agressive si on ne dose pas bien!

Dans le cas de la peau sèche, des grimpeurs vont garder avec eux une petite bouteille d’eau pour s’asperger les mains avant de mettre de la craie. À tester si c’est votre cas.

Planifiez aussi quelques aspects de votre vie en fonction de votre escalade : récurer poêles et chaudrons dans de l’eau chaude sans gants est une excellente recette pour ramollir votre peau… Même chose pour les bains.

Truc de pro : si vous avez un projet avec une ou plusieurs prises particulièrement coupantes et que vous voulez maximiser le nombre de vos essais, réchauffez-vous sur la voie ou le bloc avec le bout des
doigts protégé par du ruban adhésif. Vous serez en mesure de faire les mouvements sans ruiner toutes vos chances.

Quelques façons d’appliquer du ruban adhésif (en anglais seulement):

Petite confession : j’entretiens une relation amour/haine avec Kris Hampton. Je l’aime, pour les mêmes raisons que parfois, je le déteste un peu. Pourquoi? Sans doute parce qu’il a raison. Et c’est pour ça que son livre «The hard truth» est probablement LE meilleur livre à lire pour devenir un.e meilleur.e grimpeur/euse. Et peut-être un meilleur être humain. C’est fort simple : c’est une série de petits textes, qui proviennent du blogue de Kris Hampton, fondateur de Power Company. De courts chapitres qui traitent des modalités d’entraînement, des raisons qui font que vous échouer, que vous ne progressez pas, que vous évitez vos faiblesses. Mais attention. «Odub», comme il est surnommé, n’a pas la langue dans sa poche et son honnêteté brutale pourrait malmener votre ego (ou toutes les excuses que vous pourriez imaginer). Cela dit, il s’avère qu’il a souvent raison. Peut-être que vous n’essayez pas aussi fort que vous croyez. Peut-être que vous devriez vous concentrer sur les dalles même si vous détestez l’idée de mettre ne serait-ce qu’un orteil un mur qui n’est pas vertical. Il n’y a aucune recette magique, ni même de protocole d’entraînement. Simplement du gros bon sens. Le mieux, dans tout ça : c’est une lecture rapide, précise, efficace, comme devraient être vos mouvements de grimpe.

Et vous pouvez aussi le prendre quasiment comme un livre de croissance personnelle. Remplacez les mots «escalade» par la vie, et soudainement, vous avez plus de conseils dans une centaine de pages quand dans «L’Alchimiste».

Enfin, vous encouragerez, avec l’achat de votre copie de «The hard truth», l’un des pionniers en matière d’entraînement en escalade. Tout le monde est gagnant en somme.

Prenez votre copie ici !

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Être fort·e ou léger·ère en escalade?

Attention : ce texte traite de certains troubles de l’alimentation, nous préférons vous en avertir

FORCE OU LÉGÈRETÉ?

La lutte contre la gravité est assez injuste : plus souvent qu’autrement, c’est la gravité qui gagne. Il serait tentant de penser que d’être plus léger.ère mènerait forcément à de meilleurs résultats. Après tout, l’histoire de l’escalade abonde de grimpeurs ou grimpeuses à la silhouette découpée qui semblent gambader sur la roche ou le plastique.

Mais depuis quelques années, des entraîneurs et des athlètes font un pari différent : miser sur la force avant tout, et moins se soucier de son poids, pour plusieurs raisons. 

D’abord : des muscles et un corps bien alimentés, à l’image d’une automobile au réservoir plein, vont pouvoir donner de biens meilleurs résultats. Et la force peut constamment s’entraîner – à tout âge! On peut tenter de perdre du poids, mais éventuellement, il y a une limite objective qui ne peut être dépassée. Gagner en force, par contre, peut se faire de façon beaucoup plus soutenable. 

Ensuite : la récupération se fait de façon plus efficace avec plus de nutriments disponibles. Bonjour les glucides!

C’est sans compter que de priver son corps de calories – en petite ou grande quantité – peut causer un stress, mental et physique, qui peuvent jouer sur votre performance et sur votre qualité de vie.

Et un autre bon argument : des muscles, ça vous permettra d’ajouter des années de qualité à votre vie.

PRIORISER LA FORCE

Que l’escalade soit votre vie ou un passe-temps, il n’en reste pas moins important de garder une relation saine avec la nourriture – parce que vous devez vous nourrir bien au-delà du moment où vous êtes au gym ou à la paroi. 

Un influenceur de l’escalade a d’ailleurs fait une expérience intéressante, c’est à voir ici . En résumé, Emil Abrahamsson parle de son parcours avec l’évolution du poids au fil des ans, et plus particulièrement de ce qu’il appris l’année dernière en passant de 76 kg (167 lb) à 85 kg (187 lb) et en grimpant plus fort que jamais.

 

Un homme aux cheveux longs, torse nu, escaladant un mur d'escalade intérieur, tendant le bras pour atteindre la prise suivante. photo en noir et blanc.
Emil Abrahamsson dans un entrainement de campus board. ©Emil Abrahamsson

Évidemment, c’est à prendre avec un grain de sel : c’est un grimpeur assez expérimenté qui a tenté quelque chose, cela ne veut pas dire que tout le monde obtiendrait les mêmes résultats…

Ça mérite tout de même de s’attarder sur cette notion : le poids, en escalade, ce n’est pas tout. Il y a la technique, la force, la souplesse, l’aspect mental : tous ces aspects se travaillent et peuvent vous permettre de progresser.

C’est que l’escalade part de loin : un sport où l’anorexie a pu être souvent glorifiée et même encouragée, parce que grimpeuses et grimpeurs ont privilégié moins manger pour tenter de mieux grimper. Et si, à court terme, il y a eu des résultats, à plus long terme, c’est moins vrai.

Plusieurs grimpeuses et même des grimpeurs ont livré des témoignages à ce sujet au cours des dernières années. Que ce soit de ne pas avoir ses règles parce qu’on est sous-alimentée pour des femmes ou des fractures de stress pour des hommes, couper ses calories a des conséquences.

Et il y a des exemples qui montrent que c’est tout à fait possible de performer sans faire de diète ou d’obséder avec son poids. La grimpeuse canadienne Allison Vest a écrasé des problèmes jusqu’à V14, récolté trois titres nationaux et a toujours ouvertement refusé de réduire son poids pour la grimpe. 

Image en noir et blanc d'une femme grimpant sur un rocher escarpé et déchiqueté, se concentrant attentivement alors qu'elle saisit le rocher à deux mains.
Allison Vest sur un V12 à Red Rocks. ©Sean Faulkner

Chez les hommes, Kai Lightner, après avoir fait face à ses troubles alimentaires, a récemment enchaîné du 5.15a, sans tenter d’être aussi léger que possible.

Même du côté de la compétition, la Fédération internationale d’escalade, l’IFSC, a mis en place des règles pour combattre les troubles alimentaires qui prévalent chez les athlètes. Des règles certes critiquées, mais c’est un signe que c’est du sérieux, cette relation entre la nourriture et la grimpe.

Alors que devrait-on retenir? Ne manger que du céleri dans l’espoir d’être plus légèr, ce n’est pas une solution. Devenir plus fort·e, ça donne toujours des résultats.

Besoin d’ aide? Bloc Shop a une équipe d’entraîneurs qui peut vous aider.