Être fort·e, avoir des doigts d’acier, des abdos en titane, c’est bien beau, mais encore faut-il bien appliquer la force qu’on a pour parvenir à enchaîner blocs et voies, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur!

Voici quelques trucs qui vous aideront à compléter vos projets plus rapidement.

Attaquer, bien réchauffé.e

Pour être dans les meilleures dispositions possibles pour tenter votre projet, assurez-vous d’être dans les meilleures dispositions physiques possibles. Petit échauffement cardio, quelques mouvements dynamiques. Je m’assure aussi de faire une petite «pyramide» de problèmes avant de m’attaquer au projet : disons 4 problèmes très faciles, 3 problèmes une cote au-dessus, jusqu’à un problème à votre niveau de flash.

Mémoriser son béta

C’est probablement mon seul super pouvoir en escalade : je parviens (la plupart du temps) à me rappeler ma méthode. Ce qui me sauve un temps fou. À chaque essai, assurez-vous de bien connaître votre séquence pour ne pas perdre de temps sur le mur. Après tout, votre énergie est comptée! Révisez mentalement les mouvements avant même de toucher les prises. Certain.e.s notent même leur séquence, pour la prochaine visite. Autre truc intéressant : filmez-vous! Vous aurez votre béta sous la main à tout moment. C’est un truc que nos coaches utilisent afin d’améliorer votre succès sur des blocs difficiles.

Maximiser le béta 

Pour enchaîner, vous cherchez l’efficacité. Quoi de mieux que de regarder d’autres personnes essayer le même problème/voie que vous tentez de grimper! N’hésitez pas non plus à échanger avec d’autres grimpeurs/grimpeuses sur les mouvements : vous pourriez trouver de nouvelles méthodes plus appropriées et accessoirement vous faire de nouveaux amis. Qui dit mieux? Et pour l’extérieur : trouvez des vidéos de gens qui enchaînent ou travaillent le problème ou la voie : vous apprendrez de leurs erreurs (ou de leurs succès)!

Vous êtes sur un projet à plus long terme? Décortiquez le problème ou la voie : où sont les passages qui sont faciles et où se trouvent les mouvements qui vous bloquent? Assurez-vous de raffiner les mouvements en théorie plus faciles, pour éviter de gaspiller de l’énergie dans ces transitions. Ensuite, concentrez-vous sur le ou les mouvements plus problématiques. N’hésitez pas à prendre d’autres prises qui se trouvent à proximité (une avantage de l’escalade intérieure!) pour vous rendre au crux et travailler une séquence.

Quitter… pour mieux revenir

Parfois, la meilleure façon d’enchaîner un projet n’est pas de s’acharner jusqu’à ce que vos bouts de doigts rougeoient. Il faut par moments mettre le problème de côté temporairement et y revenir la session suivante, frais et dispo à enchaîner. Soyez attentif.ve au moment où la qualité des essais que vous donnez chute. Si vous peinez à faire des mouvements qui étaient faciles au début de la séance, c’est probablement le moment de passer à autre chose.

Vous voulez progresser, mais vous ne souhaitez pas forcément prévoir des méso-cycles et des micro-cycles d’entraînement? C’est faisable. Voici quelques trucs qui vous permettront de faire des gains intéressants sans forcément vous entraîner comme Alex Megos pour y parvenir.

1- Travailler la mobilité

Combien de fois avez-vous dit que vous ne pouviez pas faire ce crochet de talon ou atteindre une prise? La mobilité est un élément souvent négligé – même par celles et ceux qui s’entraînent régulièrement – mais qui pourtant peut vous permettre d’atteindre des prises plus facilement ou de garder vos hanches près du mur. Vous aurez davantage de bénéfices à en faire plus régulièrement, même si ce sont de petites séances, qu’une seule longue séance de façon moins régulière. Vous trouverez mille vidéos sur Internet, mais je suis un adepte de Tom Merrick. D’ailleurs, vous trouverez les meilleurs outils pour y parvenir sur notre boutique en ligne.

2- Apprendre à lire

Bien sûr, vous savez lire si vous êtes ici… mais apprendre à «lire» les voies ou les blocs vous sauvera du temps, de l’énergie et vous aidera à mieux appréhender les problèmes proposés par les ouvreurs – du moins pour l’escalade intérieure. Deux façons simples pour s’améliorer : regarder bien toutes les prises d’un problème ou d’une voie et tentez de comprendre les mouvements que vous devrez faire, avant même de toucher le mur. Ou encore : regardez quelqu’un d’autre faire le problème.

3- Des exercices orientés tu feras

C’est un élément que j’ai ajouté récemment à mes entraînements et je suis surpris à quel point ces petits exercices («drill» en anglais) sont payants. En somme, vous grimpez selon certaines règles. Idéalement, vous faites ces exercices en échauffement. Une petite recherche sur Internet en fera sortir plusieurs, mais parmi les plus fréquents, vous trouverez l’exercice «du paresseux et du singe», où vous grimper le même problème trèèèèsss lentement et vous le répétez très rapidement – pour vous apprendre les techniques plus statiques et plus dynamiques. Ou encore grimpez en gardant toujours vos hanches contre le mur. Chacune de ces simulations vont vous permettre de découvrir certaines de vos forces ou de vos faiblesses.

Mon exercice favori? Appelons-le le «mouvement collé» : à chaque mouvement que vous allez faire, l’objectif est de ne pas bouger (du tout!) la main ou le pied que vous venez de déplacer. Au début, ce sera très difficile, mais avec la pratique, ça deviendra plus naturel. Deux avantages : vous serez plus à l’affût de tous ces mouvements qui vous grugent de l’énergie et vous apprendrez à bouger même si mains ou pieds ne sont pas exactement là où vous le souhaiteriez.

4- Apprenez de vos erreurs

Non, ce n’est pas du pop-psycho. L’escalade est essentiellement un sport où vous faites beaucoup d’erreurs, donc vaut mieux en tirer quelques leçons. Soyez vigilant.e pour tenter de savoir qu’est-ce qui a provoqué la chute ou pourquoi vous n’avez pas réussi tel mouvement. Après quoi, vous pouvez modifier certaines positions de votre corps pour voir si ça vous aide. Vous êtes du genre à avoir des ami.e.s (ce n’est pas mon cas, personne ne m’aime…) : demandez-leur de vous donner de la rétroaction. Vous êtes asocial.e? Filmez-vous avec votre téléphone. La reprise vidéo saura vous renseigner sur ce qui fonctionne et sur ce qui ne fonctionne pas. Points bonis si vous enchaînez votre projet, vous pouvez le publier sur les réseaux sociaux…

5- Un peu de fonte 

Pas besoin d’imiter Arnold et les « bros » sur IG. Une seule séance d’entraînement de force pourrait vous permettre d’obtenir des gains, surtout si vous êtes débutant.e. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est la science !. Vous ne savez pas par où commencer? Fort simple : consultez un des coachs de Bloc Shop, par ici, ce qui pourra vous aider à déterminer quels exercices pourraient être intéressants pour vous.