Pour les nouveaux venus et les grimpeurs de bloc intermédiaires, décrypter le lexique des prises peut parfois sembler aussi vertigineux que les murs eux-mêmes. Cet article propose de vous guider à travers les différentes catégories de prises qui jalonnent les murs des centres d’escalade intérieure, offrant un éclairage sur les termes utilisés et quelques conseils adaptés. Que vous soyez en quête d’une meilleure compréhension des crimps, slopers, pinches et autres joyaux de la grimpe en salle, ou que vous souhaitiez maîtriser le vocabulaire singulier de la communauté d’escalade, ce texte est pour vous.

1. JUGS/BACS

Les jugs (bacs en français) sont des grosses prises faciles à saisir. Rassurants, ils sont souvent utilisés pour faciliter les débuts et les fins des problèmes de bloc et comme points de repos. La technique pour s’agripper à un jug est assez simple : il suffit d’y mettre toute la main et de le serrer en s’assurant d’être bien positionné. Plutôt que de simplement tirer sur la prise, utilisez vos jambes pour générer de la puissance, réduisant ainsi la pression sur vos bras. Gardez vos bras légèrement fléchis pour conserver de l’énergie et maintenez un centre de gravité bas pour une stabilité maximale. Les jugs sont idéaux pour les mouvements dynamiques (dyno), alors assurez-vous de bien planifier votre trajectoire avant de vous lancer.

Prise d'escalade qu'on appelle un jug.
Les jugs sont très fréquents dans les problèmes pour débutants dans les centres d’escalade. Comme c’est le cas de tous les types de prises, les jugs existent en différentes tailles, allant de très petits à très grands.

2. CRIMPS/RÉGLETTES

Les crimps (réglettes en français) sont probablement les prises les plus répandues sur les problèmes V3 en montant dans les centres d’escalade de bloc. Étroites, souvent petites et plates, elles exigent une grande force des doigts. Les grimpeurs doivent faire preuve de précision pour tenir sur ces arêtes fines. Pour agripper un crimp, vous utilisez généralement une position en arquée avec les doigts pliés en une forme de crochet sur la prise. Les premières phalanges sont sollicitées pour la tenir fermement.

Un gros plan d’une main tenant un crimp.
Illustration d’un crimp exigeant une précision des doigts en escalade de bloc. C’est surtout la force des doigts qui déterminera si un grimpeur peut la tenir ou non.

En règle générale, seuls les quatre doigts longs sont utilisés pour ce type de préhension. À noter qu’il est possible d’ajouter le pouce par-dessus les autres doigts pour avoir plus de force dans votre crimp, en crispant d’avantage la main, mais gardez à l’esprit que les risques de blessures sont plus grands avec cette technique. En effet, utiliser fréquemment son pouce pour crimper lorsque les tendons dans les mains ne sont pas suffisamment développés peut potentiellement entrainer des blessures. Restez vigilants.

3. SLOPERS/PLATS

Les slopers (plats en français) sont des prises plus avancées et sont assez rares dans des problèmes V2 ou moins au Bloc Shop. Inclinés et arrondis, ils sont beaucoup plus difficiles à agripper que les jugs. Ils nécessitent de la force dans les bras et les poignets, contrairement aux crimps qui demandent surtout la force des doigts.

La technique clé pour les slopers peut demander du temps avant d’être bien maîtrisée, et réside dans la finesse du toucher. Plutôt que de les saisir fermement, utilisez vos doigts pour adhérer délicatement à leur surface. Il est conseillé de saisir un sloper en maximisant la surface de contact, c’est-à-dire en maintenant les doigts ouverts, à plat. N’oubliez surtout pas de bien utiliser votre pouce si la préhension le permet, en l’éloignant des quatre doigts longs. Placez-vous correctement sous le sloper pour arriver à bien le tenir. En étant positionné directement sous la prise, votre poids est mieux réparti sur vos mains. Cette technique permet de réduire la tension et la fatigue sur les doigts, d’appliquer une pression plus efficace entre la main et la surface de la prise, d’optimiser la friction, d’améliorer la stabilité et de diminuer les risques de glissement.

Les slopers sont souvent les prises qui valent le plus la peine d’être brossées pour enlever la magnésie accumulée, assurant une meilleure adhérence aux grimpeurs.

Une main tenant un sloper.
Grimpeuse travaillant sur un sloper, illustrant la difficulté d’adhérer à des formes arrondies. Les gyms d’escalade varient beaucoup la taille des slopers pour diversifier les défis.

4. PINCHES/PINCES

Les pinches (pinces ou pincettes en français) sont des prises larges et souvent symétriques qui sollicitent principalement la force de préhension des doigts et des avant-bras pour maintenir une prise ferme. Pour agripper un pinch, la main est positionnée comme si elle pinçait la prise entre le pouce d’un côté et les autres doigts de l’autre. Adoptez une prise ferme tout en étant conscient de la répartition du poids. Les pinches exigent souvent une position spécifique des mains, alors ajustez vos doigts en conséquence.

Un gros plan d'une main sur une pincette.
Au Bloc Shop, les pinches sont souvent intégrés dans des problèmes de bloc V3 en montant pour tester la puissance de préhension des grimpeurs.

5. POCKETS/POCHETTES

Les pockets (pochettes en français) sont des prises conçues pour accueillir un seul doigt (les « monos »), deux (les « bi-doigts ») ou trois (les « tri-doigts »). Ce type de préhension est similaire à un crimp, mais seul un ou quelques doigts sont sollicités, ce qui met encore plus de pression et de poids sur les tendons et les poulies du ou des doigts en question. Ces prises demandent beaucoup de précisions et de force de doigts. Pour ces raisons, elles sont habituellement réservés aux problèmes de bloc plus difficiles.

Une main tenant une pochette sur une mur d'escalade.
Intégrés dans les problèmes de bloc intérieur, les pockets ajoutent une dimension technique mettant à l’épreuve la précision et la force des doigts.

6. MODULES/VOLUMES

Un volume (module en français) n’est pas une prise en soit, mais plutôt une structure géométrique généralement fixée sur le mur d’escalade dans l’objectif d’en changer l’angle et l’inclinaison. Ils sont de formes variées (cubes, prismes, pyramides, cylindres, etc.) et peuvent être petits et discrets ou grands et imposants. Des prises sont fréquemment ajoutées sur les volumes pour en améliorer l’adhérence ou pour varier l’angle de préhension des prises en question.

On peut grimper sur un volume de différentes façons, mais la technique la plus fréquente est d’en saisir les angles droits ou rebords, c’est-à-dire les edges (arêtes en français). Les edges offrent une surface de contact large et permettent l’utilisation de toute la main pour s’agripper. En ce sens, ils sont similaires aux slopers, mais sous forme d’angle droit, et sont beaucoup plus exigeants au niveau des poignets. Recherchez un positionnement des mains pour en maximiser l’adhérence, n’oubliez pas de vous servir adéquatement de votre pouce et concentrez-vous sur la stabilité en répartissant équitablement votre poids.

Grimpeuse sur un mur d'escalade.
Les volumes ajoutent une dimension stratégique à l’escalade de bloc intérieur, car les grimpeurs doivent analyser comment utiliser efficacement ces structures pour progresser à travers le problème.

À noter : Le verbe « jibber » est parfois utilisé pour décrire le fait d’ajouter une petite prise à un volume ou à une plus grande prise pour faciliter leur préhension et les rendre moins glissants.

7. PRISES DE PIEDS

Les prises de pied sont habituellement plus petites et conçues pour accueillir le bout des chaussures d’escalade. Elles exigent une grande précision, car elles supportent le poids du corps en concentrant la pression sur l’avant du pied. L’équilibre, le placement précis du pied, la répartition judicieuse du poids, ainsi que la flexibilité des chevilles sont autant d’éléments cruciaux pour tirer pleinement parti de ces prises. La coordination entre les mains et les pieds, en anticipant les mouvements, contribue également à une agilité accrue sur le mur de bloc.

Les prises de pied se classent généralement en deux sous-catégories : les prises crochetantes et les pieds d’adhérence. Les crochetantes sont des prises de pied plus classiques sur lesquelles il est facile de tenir sur le bout des orteils. Il est plus facile de leur faire confiance.

Un homme escaladant un mur d'escalade.
Un grimpeur fait confiance aux prises de pieds afin de réussir un problème de dalle difficile.

Les pas d’adhérence sont plus glissants, mais offrent habituellement une plus grande surface de contact. Utilisez tout le devant du soulier, et non seulement la pointe, pour maximiser la surface de contact entre la semelle et la prise, et tentez de maintenir une pression constante. Ensuite, tout se joue au niveau du positionnement corporel et de la confiance dans votre pied.

Que vous soyez attirés par les jugs réconfortants, les crimps délicats, les slopers complexes, les pinches exigeants ou les volumes créatifs, chaque type de prise contribue à la diversité et à la complexité de l’escalade de bloc. Explorez, grimpez et découvrez les nuances de chaque prise pour élever votre pratique à de nouveaux sommets.

En effet, tous les grimpeurs, qu’ils soient débutants, intermédiaires ou expérimentés, devraient explorer ces différentes catégories de prises pour perfectionner leurs compétences. Il est tout à fait normal d’être meilleur dans certains types de préhension, mais il demeure essentiel de travailler ses points faibles jusqu’à qu’ils deviennent des points forts pour évoluer dans sa pratique. Notre boutique en ligne propose du matériel d’entraînement ciblant le renforcement de certaines forces spécifiques pour aider à améliorer vos performances en ce sens.

Si vous désirez optimiser votre technique d’escalade de bloc en réservant une séance individuelle avec nos coachs expérimentés, c’est par ici!