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Limitez les blessures au crag

Si grimper √† l‚Äôext√©rieur permet de nous entourer de la nature, de savourer une atmosph√®re calme et paisible et d‚Äôenfin tester nos acquis en escalade, cela implique aussi de nous √©loigner d‚Äôun environnement o√Ļ la s√©curit√© li√©e au sport est souvent pens√©e pour nous. L‚Äô√©chauffement est moins √©vident quand le nombre de blocs, ainsi que le type de prise et la diversit√© des cotes sont limit√©s. Avec les temp√©ratures qui varient, la marche d‚Äôapproche peut devenir glissante (attention les chevilles!) et plusieurs facteurs pouvant menacer notre s√©ance sont parfois difficile √† planifier. Dans l‚Äôoptique de r√©duire les risques de mettre fin √† votre saison ext√©rieure avant d‚Äôavoir send√© tous vos projets, voici nos meilleurs trucs pour √©viter les blessures au crag.

S’échauffer avec peu

√Čchauffer son corps, surtout ses doigts, est d‚Äôautant plus important avant de tirer sur les prises parfois tr√®s petites des blocs ext√©rieurs. √Ä la shop, diff√©rents outils pour pr√©parer ses doigts √† tirer sont disponibles. Un classique que plusieurs utilisent est le Yubi, qui peut aussi servir √† faire des entra√ģnements √† la maison, √† d√©faut d‚Äôavoir un hangboard. Le Yubi se vend en grand format (99.00$), offrant plusieurs pr√©hensions de 14mm √† 30mm et un format mini (49.99$), qui prend un peu moins de place dans le sac-√†-dos. La sangle int√©gr√©e permet de garder la tension avec un pied pour s‚Äô√©chauffer les doigts tout en observant son prochain projet. Similaire au Yubi, le V-Mobs (74.99$) offre, en plus des autres pr√©hensions, la possibilit√© de faire des mono et tri-doigts, ainsi que des pincements.

Un autre ¬ę must ¬Ľ √† avoir pour bien s‚Äô√©chauffer au crag est une bande r√©sistive. Plusieurs types de bandes sont vendues √† la shop, mais les plus minces permettent de faire une plus grande diversit√© d‚Äôexercices servant √† √©chauffer vos bras, vos jambes et dos. Si vous √™tes fan de l‚Äôentra√ģnement √† la maison, ces √©lastiques font √©galement partie de notre nouveau FIT starter pack, qui comprend une barre √† traction, des anneaux et 2 bandes r√©sistives (une m√©dium, une large) et deux bandes r√©sistives ¬ę super loop ¬Ľ.
Vous préférez toujours l’échauffement en salle? Passez-nous voir! C’est une solution intéressante ceux qui se dirigent vers les Laurentides. Faites comme plusieurs membres de notre communauté et passez par Chabanel (ou Hochelaga si c’est plus près de chez vous) pour faire un échauffement rapide avant de poursuivre vers votre destination d’escalade.

Prévoir les chutes en bloc et en voie

En voie, comme en bloc, il est rare qu’une journée d’escalade se passe sans faire au moins une chute. Comme celles-ci ne sont pas toujours prévisibles, il est important de comprendre comment mettre en place l’environnement le plus sécuritaire possible pour atténuer les risques de blessures. En bloc, nous conseillons d’avoir toujours au minimum deux crash pads.
Parfois la zone d‚Äôatterrissage peut √™tre lisse et peu dangereuse. Dans ce cas, la quantit√© de pads n√©cessaire sera plus petite, mais si le probl√®me de bloc est tr√®s haut, se d√©place d‚Äôun c√īt√© √† l‚Äôautre ou que des cailloux sont dans la zone de chute, il sera n√©cessaire d‚Äôen avoir plus. Si vous poss√©dez d√©j√† un crash pad ou deux, consid√©rez-le Nimbo de Petzl pour le prochain ajout √† votre √©quipement. Sa minceur permet de prot√©ger les espaces entre vos pads et ainsi √©viter de se rouler une cheville, en plus de se transporter facilement.

Pour la voie, on vous conseille surtout de vérifier l’usure et l’ancienneté de votre matériel de sécurité. Inspectez-le régulièrement pour vous assurer d’aucun bris et renseignez-vous auprès de la marque sur sa durée de vie. S’il vous manque de l’équipement de base pour commencer à faire de la voie, profitez de nos Kit Momentum, qui incluent un harnais, un système d’assurage et de rappel ATC-XP avec mousqueton, un sac à magnésie, ainsi que de la magnésie Black Diamond.

N’oubliez pas votre collation!

Finalement, un oubli anodin, mais parfois tr√®s f√Ęcheux, est celui des collations. M√™me si plusieurs pr√©f√®rent grignoter des aliments plus l√©gers lors des sorties ext√©rieures, un lunch pourrait faire la diff√©rence quant √† votre niveau de fatigue et ainsi r√©duire les risques de vous blesser. Le m√™me principe s‚Äôapplique √† l‚Äôhydratation. Si vous √™tes du genre √† vivre plus de frustrations avec la faim, une meilleure organisation de votre journ√©e de ce c√īt√© pourrait √©galement rendre votre s√©ance plus agr√©able, particuli√®rement lorsque vous grimpez pendant plusieurs heures. C‚Äôest pourquoi au Bloc Shop, vous verrez souvent nos route setters avec un sac de jujubes ou d‚Äôamandes au chocolat √† la main!

Si vous avez des questions sur le matériel nécessaire à l’escalade extérieure, n’hésitez pas à nous écrire à la shop : onlinestore@blocshop.com

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Hangboard 101

Notre physio Julien Descheneaux a quelques conseils très pertinents sur la façon de vous entrainer sur un Hangboard.

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Les essentiels pour grimper au Québec

La neige¬†dispara√ģt¬†tranquillement, les plus motiv√©s se rendent donc sur les sites¬†de grimpe ext√©rieure depuis quelques semaines d√©j√†.¬†Les habitu√©s savent que les conditions¬†de grimpe¬†au Qu√©bec sont rarement parfaites.¬†Au printemps, entre la fonte totale de la neige et l’arriv√©e des moustiques, on pourra grimper de 2 √† 3 semaines si on est chanceux.¬†L’automne est habituellement un meilleur moment pour l’escalade ext√©rieur, √† l’exception de la temp√©rature qui baisse drastiquement au mois d’octobre.¬†Ceux qui¬†recherchent¬†la friction optimale ne¬†s’en¬†plaindrons¬†pas.¬†Dans tous les cas, afin de profiter de l’escalade le¬†plus longtemps possible, il est imp√©ratif d’√™tre bien √©quip√©.¬†Certaines pi√®ces d’√©quipement sont primordiales, d’autres ajouteront une certaine qualit√© de vie √† vos sessions. On vous pr√©sente donc les produits essentiels √† avoir dans votre arsenal afin de rendre votre escalade plus agr√©able au Qu√©bec!

Crashpad
Bon, essentiellement, sans crashpads, il est assez difficile de pratiquer le bloc √† l’ext√©rieur. La question qui revient souvent est la suivante: Combien de crashpads ais-je besoin ? La r√©ponse variera selon votre pratique. R√®gle g√©n√©rale, on recommandera 2 crashpads au minimum pour prot√©ger la chute d’un bloc de 8 √† 10 pieds avec une zone d’atterrissage s√©curitaire. Plus le bloc est haut, et moins la zone d’atterrissage est s√©curitaire, plus le nombre de crashpads n√©cessaires augmentera. Lors d’une sortie de bloc avec vos amis, si tout le monde am√®ne 1 √† 2 crashpads, vous pourrez profiter amplement de la journ√©e sans trop de tracas. Sur la shop, le roulement des crashpads est assez rapide. C’est-√†-dire que lorsqu’on en re√ßoit, ils se vendent rapidement. Pour l’instant, il reste encore quelques mod√®les int√©ressants. Entre autres, le Mondo de Black Diamond qui, avec sa grandeur et son √©paisseur, vous prot√©gera pour la plupart des situations. Le Drop Zone¬†est un produit similaire, mais de plus petite taille. Sinon, Petzl propose le Cirro et le Alta, des crashpads d’une grande qualit√© qui ne passeront certainement pas inaper√ßus.

 

 

Brosse
Apr√®s le crashpad et les chaussures, l’outil le plus important √† l’ext√©rieur est une brosse. Sans elle, vous ne pourrez donner que quelques essais sur un probl√®me avant que les prises deviennent trop glissantes. Plusieurs types de brosses existent, mais les brosses en poil de sanglier dominent pr√©sentement le march√©. Leur souplesse, leur habilet√© √† d√©loger la craie et le fait qu’elle n’ab√ģment pas le rocher en font un produit de choix. Les trois brosses propos√©es serviront dans diff√©rents contextes. La brosse Flathold est probablement la plus polyvalente pour des petites et grosses prises. La Black Diamond est plus large et fera un meilleur travail sur les grosses prises, tandis que la Digit Climbing sera utile afin de brosser les grandes surfaces, par exemple une longue rampe ou une lip, ou m√™me afin de ¬ę¬†d√©poussi√©rer¬†¬Ľ un bloc qui n’a pas √©t√© grimp√© depuis longtemps.

 

Brosse de métal
Ceux qui d√©sirent d√©velopper de nouveaux blocs auront certainement besoin d’une brosse de m√©tal. Il ne faut jamais utiliser ce genre de brosse sur des probl√®mes d√©j√† √©tablis. Par contre, si vous d√©sirez enlever la mousse de blocs vierges, cet outil vous sera indispensable. Aussi, si vous d√©sirez grimper un bloc qui n’a pas vu d’action depuis quelques saisons, il se pourrait que vous ayez √† le renettoyer avec ce type de brosse.

Sac a pof
Il va de soi qu’un chalkbag est n√©cessaire √† vos sessions √† l’ext√©rieur. Certains les pr√©f√®rent plus gros, d’autres plus petit. L’important, c’est qu’il convienne √† vos besoins et qu’ils durent longtemps. Le Lunch Bag Organic est un classique intemporel. Simple, indestructible, color√©! Dans une optique un peu plus funky, SoIll vous propose en chalkbag en Tyvek or. Tr√®s design et solide, c’est un choix difficile √† ignorer. Si vous d√©sirez acheter local, Keltech propose des sacs simples et efficaces de toutes les grandeurs.

Magnésie
Le type de magn√©sie que vous utilisez peut avoir une grande influence sur votre grimpe. Disons seulement que certains types de magn√©sie sont d’une plus grande qualit√© que d’autres… Tokyo Powder et Frictions Labs offrent tous deux un produit de grande qualit√©. Ces deux options sont un peu plus dispendieuses, mais apr√®s les avoir essay√©s, vous ne pourrez plus vous en passer. De son c√īt√©, Flashed offre une magn√©sie un peu plus abordable qui fait un bon travail.

Tape
Que ce soit pour stabiliser vos doigts, pour les prot√©ger de blessures ou bien pour continuer votre session d’escalade malgr√© un manque de peau, le tape est votre meilleur ami. D’ailleurs, pour les grimpeurs n’√©tant pas habitu√©s aux rigueurs du rocher, vous en aurez d√©finitivement besoin lors de vos premi√®res sessions; votre peau ne tiendra pas le coup! Encore une fois, vos pr√©f√©rences dicteront votre choix. Le tape Mueller est un classique depuis longtemps. Votre peau s’amincit √† un rythme effr√©n√©? Le Mueller est pour vous. Le tape Jaybird, quant √† lui, est un peu plus rigide et fonctionne tr√®s bien pour g√©rer vos blessures aux doigts. En ce qui a trait au Flashed, c’est probablement le tape qui tiendra le coup le plus longtemps. Sa colle est magique. Vous aurez toutefois besoin d’un peu plus d’effort pour l’enlever apr√®s votre session.

Entretien de la peau
Si vous grimpez √† l’ext√©rieur r√©guli√®rement, le soin de votre peau deviendra imp√©ratif. Que ce soit pour soigner des coupures, contr√īler les exc√®s de cornes, ou vous assurer d’une peau saine, certains produits vous permettront d’y arriver beaucoup plus facilement. Toute la gamme de produits Rhino Skin offre une qualit√© remarquable, que ce soit avant, pendant, ou apr√®s votre grimpe. √áa vaut la peine de v√©rifier tout ce qu’ils offrent ! Ajoutez une trousse d’entretien de la peau et vous serez pr√©par√© au pire sc√©nario. Rien de plus frustrant que de devoir √©courter une belle session d’escalade en raison d’une peau qui refuse de coop√©rer.

Chaufferette
Est-ce une blague? Non! Depuis quelques ann√©es, la tendance des chaufferettes au crag est de plus en plus populaire. Elle vous permettra de commencer √† grimper plus t√īt √† la fin de l’hiver et de poursuivre votre saison plus tard en fin d’automne. Avec les saisons assez courtes du Qu√©bec, une chaufferette pourrait vous permettre de grimper 1 mois ou 2 de plus dans l’ann√©e !

Antimoustique
L’arriv√©e des moustiques au milieu du printemps est assez brutale pour les grimpeurs. Ce sont habituellement ces moustiques qui mettent fin √† l’escalade ext√©rieure entre la mi-mai et la mi-ao√Ľt, plut√īt que la chaleur accablante. Ceux qui voudront poursuivre leurs activit√©s de grimpe estivales devront s’√©quiper pour affronter les insectes les plus voraces: un bon spray anti-moustique est de mise et un filet pourrait vous permettre de rester sain d’esprit durant quelques heures. Autrement, ces sacr√©s moustiques auront raison de votre sant√© mentale.

Knee pad
Le knee pad n’est plus un accessoire de luxe pour pratiquer le bloc. Surtout consid√©rant le style d’escalade de bloc ext√©rieur au Qu√©bec, un knee pad vous permettra sans aucun doute de grimper certaines s√©quences qui auraient √©t√© impossibles autrement. Votre partenaire vient de sender son projet apr√®s 8 sessions ? Rien de mieux que de skipper le crux du m√™me bloc avec un coincement de genou en deux essais. Bon, okay, vous perdrez peut-√™tre quelques amis… mais il n’y a rien de plus important que d’encha√ģner des blocs, right?

Spots
Voici un dernier produit pour les plus motiv√©s. Le mois de mai tire √† sa fin, vous remarquez les temp√©ratures avoisinant les 26-27 degr√©s, et l’humidit√© transforme les jugs en slopers glissants. Votre dernier recours est de grimper de nuit. Si votre premier r√©flexe est d’y aller avec votre lampe frontale, vous vous rendrez rapidement compte qu’elle rend l’escalade moins agr√©able. Elle ne peut √©clairer qu’un endroit √† la fois et vous oblige √† constamment bouger votre t√™te. De plus, la frontale de votre ami(e) qui vous spot cr√©e une ombre difficile √† contr√īler sur la roche. L’ajout d’un spotlight √©clairera votre projet de fa√ßon √©gale et beaucoup plus lumineuse. Vous aurez presque l’impression que la nuit n’est jamais tomb√©e! Combin√© avec votre frontale, un spotlight vous rendra la vie beaucoup plus facile !

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Comment r√©ussir son retour √† l’escalade?

Le retour √† l’escalade, apr√®s trois mois de pause pour la plupart, peut engendrer certains probl√®mes. Malgr√© toute votre volont√©, et (surtout) votre motivation, vous devrez pendre des pr√©cautions afin d’√©viter les blessures. Julien Descheneaux, notre physioth√©rapeute au Bloc Shop Chabanel, vous a pr√©par√© une courte vid√©o afin de bien expliquer la marche √† suivre d’un sain retour √† l’escalade.

 

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L’ouverture d’un bloc ext√©rieur

Il y a quelques semaines, je visionnais une courte vid√©o d’un ouvreur-√©quipeur dans la r√©gion de Lanaudi√®re, Steve Bourdeau. Steve nous pr√©sente une journ√©e typique dans la journ√©e d’un ouvreur-√©quipeur. Bien que je grimpe depuis longtemps et que je baigne dans le milieu de l’escalade quotidiennement, j’ai trouv√© cette vid√©o tr√®s instructive. On comprend bien la r√©alit√© et le travail que n√©cessite l’ouverture de voie ext√©rieure dans la r√©gion.

Si je comprend moins les r√©alit√©s impliquant le port d’un harnais (except√© pour brosser certains probl√®mes), je d√©veloppe des blocs dans les Laurentides depuis presque 10 ans. Je me suis dit que √ßa en int√©resserait quelques-un de mieux comprendre ce que √ßa implique. On pense souvent qu’apr√®s 2-3 coups de brosse, un peu de magn√©sie, les blocs naissent d’eux-m√™mes. La plus grande implication, c’est le temps. Le temps de chercher, de trouver, de nettoyer, d’essayer, de trouver les s√©quences, de casser des prises, de trouver de nouvelles s√©quences, d’attendre les bonnes conditions, de se refaire assez de peau, d’encha√ģner, entre autres… En gros, ouvrir des blocs, √ßa prend du temps!

R√©cemment, je suis tomb√© sur des photos de certains blocs au moment o√Ļ je les ai trouv√©. Je prends souvent des photos et des vid√©os lors de mes sessions d’escalade, je me suis donc dit que je pourrais vous raconter le processus de l’ouverture d’un bloc en particulier. √áa tombe bien, ce bloc est probablement celui qui m’aura arrach√© le plus d’effort. J’avais comme plan de vous pr√©senter bri√®vement le processus d’ouverture de bloc √† l’ext√©rieur. Tranquillement, cette id√©e s’est transform√©e et entrecrois√©e avec une sorte de journal de bord d’un First Ascent en particulier. Le d√©veloppement de blocs me passionne alors j’adore inclure le plus de d√©tails possibles… Si vous aimez les r√©cits un peu trop d√©taill√©, be my guest! Allons-y en ordre chronologique afin de bien saisir l’essence du processus. Mais avant cela…

TROUVER DES ROCHES

√áa peut sembler aller de soi, mais trouver des roches est probablement la partie la plus difficile dans l’ouverture de blocs. Il ne s’agit pas simplement de trouver des roches, mais plut√īt de trouver les bonnes. Dans les Laurentides, la plupart des zones de blocs sont compos√©es de 1 √† 5 bloca de grosseurs vari√©s. √Čvidemment, il existe certaines exceptions, mais en g√©n√©ral, il faut marcher beaucoup ou bien prendre son auto afin de grimper √† plus d’un endroit dans une journ√©e. C’est donc dire que lorsqu’on trouve un bloc, ou bien une petite zone de blocs, on doit se questionner sur la valeur de ces derniers. Est-ce que d’autres grimpeurs seront pr√™ts √† marcher 30 minutes hors-sentier afin de revenir √† ce probl√®me un jour ? On peut ouvrir des blocs pour le plaisir personnel, mais c’est toujours bien lorsque d’autres grimpeurs viennent r√©p√©ter les lignes par la suite.

Il existe deux fa√ßons de trouver ces cailloux. La premi√®re est d’aller prendre des marches dans le bois √† l’aveugle et esp√©rer tomber sur de nouveaux bijoux. Il est pr√©f√©rable d’y aller en hiver puisqu’on a une meilleure visibilit√© (sans les feuilles dans les arbres). Autrement, on peut facilement passer √† c√īt√© d’un bloc de 30 pieds sans le voir. J’ai trouv√© de nombreux classiques de cette fa√ßon. Par contre, apr√®s un certain temps √† marcher sans rien trouver (on parle ici de nombreuses heures, voir semaines!), il peut √™tre d√©courageant de proc√©der de cette fa√ßon. Il faut aussi √™tre prudent face aux endroits o√Ļ l’on d√©cide d’aller se promener. La privatisation des terrains dans les Laurentides s’acc√©l√†re exponentiellement et, dans certaines r√©gions, les propri√©taires ne sont pas des enfants de coeur…

La deuxi√®me m√©thode implique une recherche des zones de blocs potentielles avant de se pr√©senter sur le terrain. Cette m√©thode a √©volu√© au fil des ann√©es avec l’am√©lioration des technologies. L’utilisation de Google Maps/Earth est essentiel et permet de mieux cibler nos recherches. On a pu utiliser ces cartes √† partir de 2013, moment o√Ļ l’on a eu acc√®s pour la premi√®re fois √† une carte hivernale de qualit√© (assez moyenne, disons-le). √Ä chaque ann√©e, Google actualise ces cartes qui deviennent de plus en plus d√©taill√©es. Il ne reste qu’√† prier que l’actualisation se produise en automne ou en hiver, sinon il est impossible de d√©tecter les roches du haut des airs. Voici deux exemples de ce √† quoi peuvent ressembler des roches sur une carte, entre 2013 et 2015. Au moment d’√©crire ces lignes, la derni√®re bonne carte utilisable date de 2015. On comprend donc que ce n’est pas si √©vident √† trouver. Certaines zones sont plus facilement identifiables que d’autres, par exemple celles avec des feuillus plut√īt que des conif√®res.

On note que la carte de 2015 est plus claire, de par sa meilleure résolution, mais surtout en raison des couleurs qui aident à bien différencier les roches, le sol et les arbres.

Apr√®s avoir rep√©r√© ces zones potentielles, on doit aller confirmer sur le terrain. Certains indices comme la largeur du bloc, les zones d’ombre (indique souvent un d√©vers) et la fa√ßon dont les arbres sont dispos√©s autour du bloc laisse pr√©sager une qualit√© potentielle. Dans 80% des cas, il s’av√®re que les blocs sont d√©cevant ou tout simplement trop petits. Des cailloux de 15 m√®tres de large, mais 2 m√®tres de haut, viennent souvent an√©antir nos espoirs une fois sur place. Lorsqu’on arrive √† trouver des lignes 5 √©toiles (on se contente souvent de moins…), ce sont ces moments qui nous permettent de rester motiv√© √† chercher.

JOUR 1

C’√©tait la premi√®re journ√©e de septembre 2019. J’avais rep√©r√© un potentiel de blocs quelques semaines auparavant. C’√©tait une ann√©e particuli√®rement chaude, alors les temp√©ratures ne permettaient pas vraiment d’escalade de bloc s√©rieux √† ce moment. J’avais pr√©alablement envisag√© une route sp√©cifique me permettant d’aller voir 3 endroits. Une marche d’environ 1 heure aller-retour, mais mes trouvailles cette journ√©e m’auront fait passer presque 3 heures dans la for√™t.

Le premier endroit o√Ļ je comptais m’arr√™ter se trouvait √† 10-15 minutes du stationnement. Arriv√© √† une centaine de pieds de bloc en question, je savais d√©j√† que je venais de trouver un monstre. Je le voyais, l√†, dans toute sa splendeur, entour√© d’une v√©g√©tation dense et abondante, laissant pr√©sag√© qu’aucune visite ne lui avait √©t√© accord√©e depuis des lustres. Il s’agissait effectivement d’un bloc vierge d’environ 16-18 pieds de hauteur et d’une grande superficie. En m’approchant du g√©ant, je constatais rapidement le potentiel de plusieurs lignes √† √©tablir tout autour de bloc. √Čvidemment, l’excitation est difficile √† contenir dans ces moments. Trouver un tel caillou n’arrive qu’assez rarement. Par contre, je n’avais toujours aucune id√©e quel genre de probl√®mes ce bloc nous proposerait.

Voici √† quoi ressemblait le bloc lorsque je l’ai trouv√© la premi√®re journ√©e. La ligne potentielle qui me semblait la plus int√©ressante est celle qui sort du toit et qui se termine sur une proue de 16-18 pieds.

Apr√®s 30 minutes, j’avais nettoy√© le bas du¬†lip et une partie de la proue avec un brosse de m√©tal. Avec une petite crowbar, j’avais bris√© les prises fragiles qui auraient potentiellement cass√© plus tard. Rien de plus frustrant que de travailler un bloc durant quelques jours pour finalement briser une prise cl√© rendant le probl√®me impossible. Il est donc bien de faire ce travail d’embl√©e, aussi pour s’assurer de la s√©curit√© du bloc. Les chutes surprises lorsque des prises se brisent peuvent √™tre dangereuses.

√Ä premi√®re vue, cette ligne semblait possible, quoique tr√®s difficile. Voici une courte vid√©o de la premi√®re journ√©e, lorsque je scrutais les prises et les positions possibles du bloc. Ce genre de vid√©o peut aussi servir √† convaincre des amis de revenir travailler ce bloc avec moi. Une image vaut mille mots. En vid√©o, c’est encore mieux…

Apr√®s environ une heure √† nettoyer et observer le bloc… il ressemblait d√©sormais √† ceci:

Un bon d√©but pour une ligne encore totalement inconnue. Il restait tout de m√™me un certain nettoyage √† faire. Apr√®s tout ceci, je poursuivais ma route vers d’autres zones potentielles. J’ai d’ailleurs trouv√© d’autres superbes cailloux ce jour, mais ce sera une histoire pour une autre fois…

JOUR 2

Tr√®s motiv√©, je retourne au bloc avec un ami une semaine plus tard. Le toit est mouill√©, on doit donc se rabattre sur d’autres lignes. On brosse et grimpe des trucs plus faciles. Entre deux averses, on termine la journ√©e avec une ascension de The Abyss, environ V8.

Noah sur la première ascension de The Abyss. On allait devoir revenir pour essayer le projet du toit.

JOUR 3

Une semaine plus tard, je me pr√©sente au bloc avec 2 autres amis, Samuel et Jean-Benoit. On a tous un niveau d’escalade similaire, alors trouver les s√©quences d’un bloc de cette fa√ßon est beaucoup plus efficace. On tente diff√©rentes m√©thodes, on essaie de voir si cette ligne est possible. Apr√®s quelques heures √† travailler le bloc, environ 75% des mouvements ont √©t√© fait par l’un des membres du groupe. Il reste toujours quelques pi√®ces manquantes afin de compl√©ter le casse-t√™te. Cette journ√©e, on a r√©ussi un d√©part debout au projet, qui grimpe la proue apr√®s le toit, qu’on nomme Le Premier Protocole,¬†d’une difficult√© d’environ V7 ou V8. On comprend donc un peu mieux la difficult√© du projet, mais certains mouvements de pieds restent myst√©rieux et les liens entre les diff√©rentes parties du bloc apparaissent certainement difficile √† encha√ģner.

Samuel essaie le premier mouvement difficile avec un talon. Ça ne fonctionne pas.

JOUR 4

On est d√©sormais au mois d’octobre 2019 et la saison tire √† sa fin. Il ne reste que deux √† trois semaines avant l’arriv√©e des temps trop froid et de la neige. Je retourne au bloc avec Noah. √Ä ce moment, il ne me passe pas √† l’esprit d’encha√ģner le bloc. On d√©sire seulement continuer √† comprendre la s√©quence de mouvements et, surtout, avoir une meilleure id√©e de la cotation du bloc. Il est difficile de rester motiver √† essayer un bloc si la difficult√© est trop √©loign√©e de notre niveau. Ainsi, il y a souvent un moment o√Ļ l’on sait que le temps investi pourrait s’av√©rer inutile si le bloc est finalement trop difficile. Dans ce cas, on peut partager le projet avec des grimpeurs plus fort afin qu’ils puissent tenter leur chance. Il faut investir le temps n√©cessaire afin de comprendre cette difficult√©. √Ä la fin de cette session, tous les mouvements du bloc ont √©t√© fait √† l’exception d’un mouvement de pied, qui semble toutefois possible. La r√©elle difficult√© sera d’encha√ģner les 15-16 mouvements du bloc. Cette journ√©e, en quittant, nous avions l’impression que la cotation tournerait autour de V12.

JOUR 5

Un peu plus d’un an s’est √©coul√© depuis la derni√®re session sur le bloc. Il ne m’est toutefois pas sorti de la t√™te une seconde. J’ai grimp√© toute l’ann√©e avec l’id√©e d’y retourner le plus rapidement possible. Malheureusement, apr√®s la pand√©mie, il m’a fallu quelques mois pour me remettre en forme. Et je savais pertinemment que je devrais √™tre au sommet de ma forme afin d’avoir une chance de r√©ussir le bloc. Les temp√©ratures d’octobre sont parfaites et je prends la session pour me rem√©morer le beta trouv√© l’ann√©e d’avant. Rapidement, je refais tous les mouvements et je r√©ussis le mouvement de pied qui restait myst√©rieux. Petite victoire. √Ä ce moment, la seule chose qui m’emp√™che d’essayer d’encha√ģner le bloc √† partir du d√©but, c’est un doute quant √† la m√©thode pour sortir du toit. Deux fa√ßons sont possibles, mais je n’arrive pas √† d√©cider quelle m√©thode est la plus efficace. Il est difficile de tenter un bloc √† notre limite physique du d√©but si l’on n’est pas totalement convaincu du beta √† utiliser.

Je me rem√©more les diff√©rentes s√©quences. On voit bien le V12 que j’avais inscrit sur une roche en dessous avec de la craie en octobre 2019. L’inscription a pass√© l’hiver. C’√©tait plus une blague qu’autre chose. Pri√®re de ne pas √©crire sur les roches dans les zones d√©j√† d√©velopp√©es.

JOUR 6

La session du jour 5 m’est rest√© grav√©e dans la t√™te et maintenant que tous les mouvements √©taient faits, la possibilit√© d’encha√ģner semblait tangible. Je retourne au bloc durant la semaine apr√®s le travail. C’est une courte session en fin de journ√©e qui semble condamn√©e par la pluie, mais mon obsession m’emp√™che de rester rationnel face √† la temp√©rature, je prends donc la chance de m’y rendre avec comme but de travailler sur le lien entre le toit et la proue. Apr√®s une heure de grimpe, il se met √©videmment √† pleuvoir. La session est √©court√©e (comme pr√©vu), mais j’ai trouv√© la m√©thode que je comptais utiliser. √áa me rend heureux et je quitte la t√™te haute dans une pluie intense. J’arrive au stationnement d√©tremp√©, mais l’esprit √©veill√© et extr√™mement emball√©.

JOUR 7

Trois jours plus tard, la temp√©rature est parfaite. J’y retourne avec ma copine. J’ai en t√™te l’encha√ģnement du bloc. La saison tire √† sa fin et une certaine pression commence √† s’installer. Je m’√©chauffe et, rapidement, je fais des bons link-ups des diff√©rentes sections. Damn! Est-ce que je vais sender¬†aujourd’hui? √áa semble possible. √Ä mon meilleur essai, je tombe √† la fin du bloc dans le stand start. Le temps presse, la temp√©rature s’annonce des plus mauvaises pour la prochaine semaine. Mais je pense toute de m√™me pouvoir r√©ussir √† la prochaine session.

JOUR 8

Il a plu toute la semaine. Je d√©cide de tenter ma chance lors de la seule belle journ√©e. J’arrive au bloc qui est presque tout mouill√©. Je tente de le s√®cher mais en vain. Je retourne chez moi sans avoir grimp√©.

JOUR 9

Il a plus la veille, mais le soleil et le vent sont de la partie. La temp√©rature de 6 degr√©s est parfaite. Je me rend au bloc vers 15h, il est compl√®tement sec. Une certaine nervosit√© s’installe puisqu’on annonce de la neige dans les jours suivants. Je m’√©chauffe avec ma routine habituelle : je grimpe quelques probl√®mes faciles sur le m√™me bloc, je fais quelques mouvements dans The Abyss¬†afin de pr√©parer mes muscles √† un effort soutenu. Je r√©p√®te quelques mouvements dans le projet afin de terminer mon √©chauffement. √Ä mon premier essai, mon pied glisse dans la premi√®re partie difficile. √Ä mon deuxi√®me essai, je rate la prise de toehook en lan√ßant mon pied sur l’ar√™te. √Ä ce moment, il ne me reste probablement que deux ou trois bon essais possibles pour la journ√©e. Je prend une vingtaine de minutes de repos. Je me lance dans le bloc, tout fonctionne bien. J’arrive √† l’endroit o√Ļ je suis souvent tomb√© et, malgr√© une certaine fatigue, je sais que je peux encha√ģner le bloc si je ne fais pas d’erreur. Cette derni√®re partie, je l’ai pratiqu√© une trentaine de fois; je la connais tr√®s bien. Quelques secondes plus tard, apr√®s quelques respirations profondes et des mouvements de plus en plus d√©sesp√©r√©s, je me retrouve au sommet du bloc.

Cette sensation est probablement celle qui me pousse √† constamment rechercher de nouvelles lignes magiques √† grimper. J’√©tais seul, au sommet du bloc, r√©chauff√© par les quelques rayons de soleil restant. J’appr√©cie grimper avec mes partenaires, mais je ne pourrais me passer de ces sessions d’escalade seul au milieu de la for√™t. On ne peut recevoir d’encouragement ni de post send fist bump, mais cette qui√©tude qui est si difficile √† trouver de nos jours vaut son pesant d’or. Je suis rest√© au sommet du monstre quelques minutes afin de savourer ma victoire et ces derniers moments de grimpe automnal. La difficult√© du bloc √©tait probablement un peu plus facile que celle que j’avais envisag√©e depuis le d√©but. Les prochains grimpeurs pourront donner leur opinion. En chargeant mes trois crashpads sur mon dos, quelques moments √©ph√©m√®res apr√®s avoir atteint le but pour lequel j’√©tais devenu un peu obs√©d√©, je me disais… on to the next.¬†C’est en quelque sorte cette mentalit√© qui nous pousse √† continuer de d√©velopper des blocs. Apr√®s chaque nouvelle ascension, peu importe l’effort investi, on se trouve rapidement √† r√™ver au prochain projet.

Voilà comment un nouveau bloc est né.